mercredi 27 juin 2007

The Polyphonic Spree

Un joli écusson offert avec la version import

Aujourd'hui partons à la découverte d'un groupe au talent énorme, un groupe largement sous-estimé à mon avis: The Polyphonic Spree. Originaire de Dallas (Texas), le groupe chorale psyché-rock à l'effectif variable (entre 20 et 30 membres suivant les albums), mené par Tim DeLaughter, vient de sortir son troisième album, The Fragile Army.

C'est en 2002 que l'on découvre cette bande d'énergumènes vêtus de toges blanches, comme tout droit sorti d'une secte. On découvre alors aussi leur pop psychédélique pleine de cuivres, et de choeurs évidemment, sur leur premier album, The Beginning Stages Of...: début en fanfare (c'est le cas de le dire), petit coup de mou en milieu d'album puis ça repart sur les chapeaux de roues sur la fin (vous avez d'ailleurs peut-être entendu ces jours-ci Section 9 (Light & Day/Reach For The Sun) dans une pub de...lessive, bah ouais). On oubliera volontiers le dernier titre, 36 minutes de gargarismes électro totalement superflus.

Retour en 2004 pour le deuxième album, Together We're Heavy. Pas de grande surprise, ça reste dans la lignée du premier, mais en plus cohérent, sans temps morts, avec des morceaux plus longs, plus ambitieux, construits comme des montagnes russes (Section 17 (Suitcase Calling) ou Section 19 (When The Fool Becomes A King)).



Sachant que les fans ont besoin de leur dose biannuelle, le groupe nous fait patienter avec Wait l'an dernier: un Ep composé de deux titres du prochain album (un seul en fait car I'm Calling n'y figure pas) et trois reprises où l'on retrouve bien sûr leur style si particulier.

Et voici donc le troisième album, The Fragile Army, sorti la semaine dernière en import (le 6 juillet en France). Là non plus pas de grande révolution, juste de petits changements. L'ambiance y est un peu plus rock, avec quelques grosses guitares (Section 23 [Get Up And Go]), un peu d'expérimentation (le bizarre Section 29 [Light To Follow]), et une ressemblance de plus en plus évidente avec un autre groupe énorme. Ecoutez le single Section 22 [Running Away] ou surtout le génial Section 25 [Younger Yesterday]: la voix qui donne tout, la montée en puissance, les voix masculines et féminines qui se mêlent, ces "hoohoo" finaux, du pur style Arcade Fire.

Bref, rien à reprocher à cet album. Juste un petit truc: quoi? des tenues de combat noires? Mais où sont les toges blanches du premier album? Celles multicolores du second? Peter (Open Your Eyes), qui a eu la même idée que moi, résume parfaitement mon sentiment:

"The only problem I have is that they seemed to have darkened their image. Their excessive happiness was one of the best things about them! Black? Short hair? I’m so disappointed by how un-Jesus-like he looks. Who will be my saviour now?!"



Section 8 (Soldier Girl) (mp3-sur The Beginning Stages Of...)





Section 19 (When The Fool Becomes A King) (mp3-sur Together We're Heavy)





Lithium (Nirvana cover) (mp3-sur Wait)



Section 23 [Get Up And Go]
Section 25 [Younger Yesterday] (mp3s-sur The Fragile Army)
Section 29 [Light To Follow]




Discographie de The Polyphonic Spree sur Amazon / Fnac



Et sinon vous faites quoi le 10 juillet? Non parce que moi j'épouse St. Vincent.
C'est plutôt un bon parti: St. Vincent, alias Annie Clark, 24 ans, est à la fois membre de The Polyphonic Spree (tiens...), ex-guitariste et actuelle première partie en tournée de Sufjan Stevens.
Son premier album sort dans quinze jours, et on a rarement vu 1er album autant attendu (à part Voxtrot sans doute). Habile mélange de jazz, pop et indie, on pense à Feist au premier abord.

St. Vincent: Paris Is Burning (mp3)



Album: Marry Me, le 10/07 chez Beggars Banquet (de mariage :D)

samedi 23 juin 2007

Hey You! Listen to Pikelet!


Pikelet. Un nom bien mystérieux. Un nom qui donne envie d'en savoir plus. Un nom qui me fait penser à un personnage de contes de fées ou d'heroic fantasy plutôt.
Un nom de groupe qui cache en fait une jeune femme de 24 ans, Evelyn Morris, originaire de Melbourne, Australie et seule aux commandes de ce premier album éponyme. Un disque plein de surprises, au style assez varié et difficile à décrire: l'accordéon domine sur quelques titres (Bug-in-Mouth, They call It love?...Wow), les percussions diverses ont aussi une place importante (A Bunch, Miss Her), et on y entend tout de même un peu de guitare acoustique (Size Matters, Sewerage Man).
Un savant mélange des genres, une voix qui rappelle Laura Veirs par moments, et une ambiance médiévale à la Joanna Newsom en fin de parcours (Kept on Ice, Still Growth).

Pikelet: Bug-in-Mouth (mp3)
Pikelet: Miss Her (mp3)
Pikelet: Beyond the sky (mp3)

Album: Pikelet chez Chapter Music (pour info: 25$ australiens=15,5€) ou sur Amazon



Autre nom mystérieux: Au. Deux façons de voir: Au, symbole chimique de l'or, ou AU, A-U, prononcez "Hey You!"
A l'origine projet solo du multi-instrumentiste Luke Wyland, Au est désormais un trio, originaire de Portland, Oregon. Style assez singulier également, choc de la rencontre entre percussions en tout genre et banjo, comme sur Sum.

Au: Sum (mp3) (Au-Sum: awesome, get it?)

Album: Au chez Oedipus Records

dimanche 17 juin 2007

En manque...


Si vous aussi vous êtes en manque de Wolf Parade et Sunset Rubdown, trépignant d'impatience depuis l'annonce de la sortie prochaine des nouveaux albums de ces deux groupes (fin 2007), voici des produits de substitution pour tenir le coup. Ca ne vaut pas l'original, mais on s'en contentera....

D'un côté, Dan Boeckner lance le projet Handsome Furs, avec l'aide de sa petite amie Alexei Perry. Impossible de ne pas penser à Wolf Parade, ne serait-ce que pour la voix assez particulière de Dan. Entre riffs de guitares tranchants et beats électro, quelques morceaux très réussis mais une impression d'ensemble un peu décevante, un album qui semble manquer de cohésion.

Handsome Furs: What We Had (mp3) (via Sub Pop)
Handsome Furs: Dead + Rural (clic gauche, YSI)
Handsome Furs: The Radio's Hot Sun (mp3)




Album: Plague Park





De l'autre, Spencer Krug, toujours aussi hyperactif, ici avec le nouvel album de Frog Eyes. Du bruit, beaucoup de bruit (mais pas pour rien), des mélodies toujours aussi virevoltantes sous ce mur du son, quelques passages plus calmes et un grand moment de bravoure avec Bushels.

Frog Eyes: The Policy Merchant, The Silver Bay (mp3)
Frog Eyes: Bushels (mp3) (via Absolutely Kosher)




Album: Tears of the Valedictorian

mardi 12 juin 2007

Brendan Losch


Comme le disait si bien Lyle, parmi les nombreuses sollicitations myspaciennes que je reçois, rares sont les groupes vraiment intéressants, et encore plus rares sont les groupes pour lesquels je vais jusqu'à l'achat de l'album. Mais parfois on découvre tout de même de petites merveilles, des artistes ou groupes dont on n'a jamais entendu parler, et que l'on aurait sans doute continuer d'ignorer sans cette invitation.

La petite pépite dont je vais vous parler aujourd'hui s'appelle Brendan Losch. Américain, 23 ans, singer/songwriter/multi-instrumentiste originaire de Chicago (en... Illinois bien sûr!).
Brendan a sorti un premier Ep en 2005, Better The Second Time, avant d'enchaîner sur toute une série l'an dernier et cette année. A la fin de l'an dernier il a également eu le temps de finir son premier album, Listen With Your Heart, avec l'aide de Michael Nau (Page France) à la production.
Autant être honnête: musicalement il s'agit de pur folk, tout à fait classique. Le genre de musique qui ne semble pas extraordinaire au premier abord, et qui vous touche pourtant profondément. Une guitare, une voix, point. Parfois viennent s'ajouter quelques carillons, un banjo, un clavier, un harmonica ou autres. Qu'est-ce qui rend sa musique si attachante à mes yeux (ou à mes oreilles plutôt) alors? Cette voix douce, apaisante, si belle? ou simplement le fait que je le découvre sans à priori, sans introduction par un collègue bloggeur?
Quoi qu'il en soit, j'aime ces titres folk très calmes (Remember, Goodbye) ou plus rythmés (Are You Ever Beautiful?, You Tell Me), ce Mysterious Loner me rappelant Grizzly Bear avec sa guitare résonnante et ses bruits inquiétants de pluie et d'orage, ce Kind Eyes (Don't Be a Stranger), chef-d'oeuvre du disque, auquel vous ne pourrez pas résister.

Brendan Losch: Remember (mp4, format iTunes+lien YouSendIt, clic gauche)
Brendan Losch: Kind Eyes (Don't Be a Stranger) (mp3) (autre lien )
Brendan Losch: Mysterious Loner (mp4, clic gauche)
Brendan Losch: You Tell Me (mp4, clic gauche)

2 Extraits des quelques Eps (tous disponibles gratuitement sur Stage.fm)
Hear Me Out (mp3) & Make Up Your Mind (mp3)


Brendan Losch profite pleinement des richesses de la toile: vous pouvez le retrouver partout, avec des titres en écoute ou en téléchargement.




Album: Listen With Your Heart

mercredi 6 juin 2007

2 albums, 2 mouvements


Aujourd'hui parlons de deux grosses pointures de l'année, deux albums attendus avec impatience par beaucoup de monde, deux candidats sérieux aux tops 2007. Et aussi deux albums construits de la même façon, en deux mouvements: première moitié rythmée, entraînante, seconde partie plus calme, plus apaisée. Parlons donc de Boxer et Cassadaga.

Ahh Boxer... On l'a vraiment désiré celui-là. Découverts il y a deux ans avec le superbe Alligator, les américains de The National étaient plus qu'attendu au tournant cette année. Gros buzz sur l'audiosphère, première partie d'Arcade Fire sur la tournée américaine (arghhhh... et nous alors?), à défaut d'être l'année du Front National (héhé), 2007 pourrait bien être l'année de The National.
Autant dire que les premières secondes confirment tout de suite les espoirs. L'intro de Fake Empire donne le ton du disque: le piano, puis la batterie au son caractéristique, le final aux cuivres, et surtout cette voix, l'une des plus belles actuellement. La grande classe. Impression confirmée par le premier single Mistaken For Strangers, à la rythmique monstrueuse: toute résistance est inutile...
On sent que le groupe déroule son jeu, sur de son talent mais sans être arrogants. La richesse des arrangements et la complexité des compositions font que Boxer ne se dévoile que petit à petit, au fil des écoutes. On a franchement pitié d'Editors ou même d'Interpol par moment (pour rester dans la famille fils spirituels de Joy Division): écoutez juste les superbes cordes de Green Gloves, le balancier entre guitares et batterie de Slow Show, qui vous fera tourner la tête...
Avec le délicat Start A War commence la seconde partie de l'album, plus calme: un titre tout en tension sous-jacente, plein de retenue. Et quand Sufjan Stevens vient donner un coup de main au piano et achever le travail sur les deux merveilles que sont Racing Like A Pro et Ada, on succombe totalement au charme de Boxer.

The National: Fake Empire (mp3)
The National: Slow Show (mp3)
The National: Ada (mp3)




Album: Boxer







De l'autre côté, parlons de Bright Eyes. Bizarrement on a assez peu parlé de Cassadaga depuis sa sortie: est-ce par déception ou par ignorance? Dans les deux cas je vais tâcher d'y remédier (very pretentious, isn't it?).
Juste au cas où, petite présentation: Bright Eyes c'est essentiellement Conor Oberst, aidé par le producteur et multi-instrumentiste Mike Mogis. Conor a 27 ans, déjà dix ans de carrière avec son groupe, et il avait même fondé son premier groupe dès l'âge de 14 ans. Considéré par beaucoup comme le successeur de Dylan (et oui encore un...), il a surtout commencé à faire parler de lui fin 2004, quand il a réussi l'exploit de placer les deux singles extraits de Digital Ash In A Digital Urn et I'm Wide Awake It's Morning ( ses deux albums de 2005) #1 et #2 au Billboard (premier à réussir cela depuis... Puff Daddy en 1997).

C'est bien gentil tout ça me direz-vous, mais qu'est-ce qu'il vaut cet album? Il est clair que Conor Oberst a voulu en faire un album ambitieux, et on l'entend dès le premier titre: l'orchestre qui s'accorde, la montée en puissance après une intro calme. Ambition vocale aussi: l'arrogance dans la voix sur l'entraînant Four Winds, le côté sûr de soi là aussi rappelle justement Bob Dylan.
Le contraste entre le début et la fin de l'album est ici encore plus net que sur Boxer, les sept premiers titres étant tous des chansons rythmées, accrocheuse: Hot Knives et ses guitares tranchantes (dont celle de M. Ward), les violons romantiques de Make A Plan To Love Me. Quelques reproches toutefois: on frôle parfois le style pompier (la ballade If The Brakeman Turns My Way, au refrain un peu noyé sous un orgue sprinsteenien), et les invités sont très discrets voire invisibles (en plus de Matt Ward, on n'entend pas donc Gillian Welch entre autres).
Puis arrive Middleman et on oublie tous les doutes: à partir de cette merveille pleine de percussions diverses et de superbes arrangements de cordes, tout n'est qu'enchaînement de perles, ravissement pour les oreilles. Chaque titre a sa petite touche pour se différencier des autres: ambiance exotique et vents sufjaniens pour Cleanse Song, embriquement des paroles, petites touches électro et final arabisant sur Coat Check Dream Song, ambiance country-folk habituelle sur I Must Belong Somewhere, sans oublier No One Would Riot For Less, considéré par tout le monde comme le chef-d'oeuvre du disque (je confirme).

Death may come invisible or in a holy wall of fire
In the breath between the markers on some black I-80 mile
From the madness of the governments to the vengeance of the sea
Everything is eclipsed by the shape of destiny

So love me now
Hell is coming
Kiss my mouth
Hell is here

Little soldier, little insect, you know war it has no heart
It will kill you in the sunshine or happily in the dark
Where kindness is a card game or a bent up cigarette
In the trenches, in the hard rain, with a bullet and a bet

He says, help me out
Hell is coming
Could you do it now?
Hell is here

See the sterile soil,
Poisoned sky
Yellow water,
Final scraps of light
Bringing new tears

Wake, Baby, wake but leave that blanket around you there is no where as safe
I'm leaving this place but there is nothing I'm planning to take
Just you
Just you...


Bright Eyes: Hot Knives (mp3)
Bright Eyes: Cleanse Song (mp3)
Bright Eyes: No One Would Riot For Less (mp3)



Album: Cassadaga

Pleins de mp3s des albums précédents chez Saddle Creek

vendredi 1 juin 2007

Playlist Mai


Un beau mois de mai commencé avec un nouveau président, un jet privé, un yacht dans les eaux maltaises... mais qui se termine avec la mort de Jean-Claude Brialy. Au moins un qui n'aura pas à supporter cinq ans de Sarkozysme.
Un peu de musique pour rendre le tout moins désagréable:

Elliott Smith: New Moon
Je ne reviendrais pas sur la polémique que suscite obligatoirement toute sortie posthume, le débat ayant déjà eu lieu ici ou là. Disons juste qu'il aurait été dommage de se priver de ses quelques merveilles datant du début de la discographie d'Elliott Smith.
Angel In The Snow (mp3) & Riot Coming (mp3)

Cocoon: From Panda Mountains
Hey Hey My My: Hey Hey My My
The French Folk Touch. Compagnons de label, ces deux groupes sont aussi les espoirs français 2007 (pour les auvergnats Cocoon) et 2006 (pour les parisiens Hey Hey My My). Un peu de douceur dans un monde de brutes.
Cocoon: I Don't Give A Shit (mp3)
Hey Hey My My: Poison (mp3) & A True Story (mp3)

Rosie Thomas: These Friends Of Mine
Non vraiment Sufjan c'est quand tu veux. Dès que tu auras terminé de donner un coup de main aux copains/copines, dès que tu auras fini de faire le casse-cou sur les toits, tu pourras te mettre au travail pour nous offrir un nouvel album...
The One I Love (mp3), reprise de REM, avec Sufjan Stevens

Wilco: Sky Blue Sky
Ce n'est pas l'album qui révolutionnera le son de Wilco, ni celui qui les fera plus connaître du grand public. C'est juste (encore) un grand album de classic rock de Jeff Tweedy et sa bande, qui confirment là tout leur talent (pour ceux qui en doutait...)
On And On And On (mp3)

Bill Callahan: Woke On A Whaleheart
Ne sachant rien de Smog, je ne vous dirais pas que Bill Callahan offre un album joyeux loin du rock dépressif de son groupe, mais juste que Sycamore est sans aucun doute l'une des plus belles chansons de l'année (et qu'il y en a quelques autres pas mal du tout sur cet album).
Sycamore (mp3)

Et on termine comme d'habitude avec la vieillerie du mois:
The Triffids: Calenture
Réédition de ce chef-d'oeuvre de pop romantique du milieu des années 80. Groupe australien mais influences évidemment anglaises. Inconnu pour ma part jusqu'à la chronique dans Magic, qui m'a ensuite offert l'album. Cool!
Blinder By The Hour (mp3) & Bury Me Deep In Love (Demo) (mp3)

PS: Happy Birthday To You Sgt. Pepper!
40 ans et toujours la grande forme, c'est pas encore pour aujourd'hui la crise de la quarantaine...
The Beatles: A Day In A Life (mp3)

Vous êtes assez grands pour retrouver ces albums ici ou là

PPS: Mr Meuble (Un pavé dans la mare) change de nom et d'adresse:
Sous les pavés, la plage (http://mrmeuble.blogspot.com/)

dimanche 27 mai 2007

OF MONTREAL @ L'UBU 23/05/07


Of Montreal. Auteurs de l'un des meilleurs albums de l'année. Réputés pour être absolument déments sur scène. Soit deux bonnes raisons de ne pas rater leur passage par la capitale.... bretonne (oui je sais j'aime bien la faire celle-là, mais il y a pas de raison non?).
En première partie, Axe Riverboy. Drôle de nom, pas vraiment engageant à priori. Je décide donc de ne pas me renseigner avant et de juger sur place. Et c'est une bonne surprise. Un trio assez classique basse/batterie/guitare électrique ou acoustique, une musique idéale pour l'été, mélange de sunshine pop et de rock plus basique, assez variée comme formule. Le groupe parisien nous offre même trois reprises assez éclectiques: un classique blues (dont j'ai oublié le titre...), The Milkman d'Aphex Twin (reprise de reprise en fait car c'est signé Jill Sobule) et surtout Care Of Cell 44 de The Zombies en second rappel, avec l'aide de 3/5e de Of Montreal. Superbe!

The Zombies: Care Of Cell 44 (mp3)

3 titres d'Axe Riverboy (dont The Milkman) en écoute sur leur Myspace


Axe Riverboy + Of Montreal


Une demi-heure plus tard, entrée en scène des américains d'Of Montreal, dont le look surréaliste déclenche l'enthousiasme du public: je vous laisse découvrir sur les photos.
Et comment mieux démarrer le show qu'avec Heimdalsgate Like A Promethean Curse et ses "Come on chemicaaaaaaals!!"?
Plus d'une heure de pur bonheur, avec une setlist exclusivement composée de titres extraits des trois derniers albums du groupe. Quel plaisir d'ailleurs de retrouver les titres enchaînés sans pause comme sur disque: Suffer For Fashion/Sink The Seine/Cato As A Pun, soit les trois premiers morceaux du dernier album, qui met carrément dans l'ambiance dès le début, ou les trois premiers titres de Satanic Panic In The Attic, enchaînement plein d'harmonies vocales très beachboysiennes.

Grrrrrr... Sexy!

Pas facile de capturer un ange...


Setlist réussi donc, mais surtout jeu de scène extraordinaire, avec un Kevin Barnes incontrôlable: il bouge dans tous les sens, exécute des chorégraphies en rythme avec la musique, drague les deux jeunes filles photographes au premier rang, nous incite à aller chercher une bière au bar, et fait un début de strip-tease, qui, malgré les "A Poil!" de quelques courageux, n'ira pas au bout (contrairement à un concert précédent -interdit aux moins de 18 ans!!- à Las Vegas).



Derrière la scène, un écran sur lequel alternent images du concert en temps réel et divers films: images multicolores psychédéliques, dessins animés... Kevin disparaît quelques instants: besoin pressant? Non: changement de tenue. Il troque la nuisette contre une belle robe jaune, mais garde les bas résilles (cela aurait été dommage...).
En milieu de set, on part en transe: October Is Eternal se transforme en près d'un quart d'heure de délire instrumental, où les membres du groupe se succèdent à la batterie, et se mettent même à deux pour taper dessus.




Arrivée de l'escabeau: Kevin enfile sa robe géante pour la fin du concert: totalement délirant!
Le groupe quitte ensuite la scène, l'ovation est générale et on réclame un rappel. Rappel il y aura, et quel rappel!!
20 minutes de bonheur supplémentaire, avec pas moins de 4 reprises de l'album The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars de David Bowie: Starman, Hang On To Yourself, Suffragette City et Moonage Daydream. Que du bonheur je vous dit!



La setlist

Racolage passif (euh... actif en fait), incitation à la débauche, harcèlement sexuel, comportement obscène... Mais que fait Sarkozy? Heureusement qu'il reste encore des lieux de liberté totale comme les salles de concerts en ces moments de retour à l'ordre moral...

Of Montreal: Lysergic Bliss (mp3) (sur Satanic Panic In The Attic)
Of Montreal: Oslo In The Summertime (mp3) (sur The Sunlandic Twins)
Of Montreal: Suffragette City (mp3) (via You Aint No Picasso)

3 extraits du dernier album, Hissing Fauna, Are You The Destroyer?, ici
La review du concert au Bataclan deux jours plus tard chez Jen

mardi 22 mai 2007

Welcome Home, Ghost


Bercé par le bruit régulier du rail, vous vous êtes endormi dans le train, à peine dérangé par le grincement des vieux wagons en bois de ce train qui traverse les plaines américaines. Quand vous vous réveillez, sorti de votre sommeil par le bruit du vent qui fait tinter les carillons du porche de la vieille maison en bois, vous vous rendez compte que vous n'êtes plus dans le train. Vraiment? Où peut-être êtes-vous encore endormi, en train de rêver? Et c'est à ce moment que les fantômes commencent à vous hanter...

I closed my eyes and saw my father's sins. They covered me like a second skin.
I peeled them off and, sure, I bled a bit. But now I'm free to sink my own damned ship.
I cut my branch down from my family tree, to start a fire in the living room.
Now the house is just ash. This time it's sink or swim.

Dans le jardin, un groupe d'enfants joue en riant, alors que vous entendez au loin un défilé militaire. Le fait que les soldats sifflent gaiement vous interpelle: cela ne prouve t-il pas le côté irrationnel de la scène? Les fantômes continuent leur travail...

The ghost, inside my head, it never sleeps.
It just rearranges thoughts, and leaves me numb for weeks.
But I'm okay; yeah, I feel fine.
Because I know there's more than one way to lose my mind. To lose my mind.

L'ambiance devient alors plus inquiétante, plus glauque. Le portail en fer qui grince réveille les corbeaux, menaçants, qui y dormaient. Puis ça se calme: vous passez sans cesse d'une phase de sommeil profond à une phase de semi-éveil.

I saw your father in the hall. His ghost is living in our walls.
I heard him crying while you slept. I heard him breaking things after you left.
I watched you crawl into my bed, with curses spilling from your head.
You said "We're just the walking dead." So I pulled the trigger and we floated off.

I sank into the sea wrapped in piano strings. Few words could open me.
But you knew them all.
Now I just sleep beneath your floor,
and my ghost just tries to keep you warm.
I've seen the end; I've lost the war.
One day you'll join me here just like the rest.


Une porte qui grince, des bruits de pas sur le vieux plancher en bois de la maison vous sortent de votre sommeil pour un temps, mais ça ne dure pas . Vous vous êtes endormi à nouveau, hanté de plus belle.

I see your face in the glass, with branches growing from your mouth.
Your wear the moon like a halo. Your wear the night like it's your coat.
And you're always laughing, but you always look afraid.
I think I'm haunted.
Hands against my eyes. I hear you crying in your sleep.

Vous sentez ces frissons? L'hiver s'est abattu tout à coup sur la maison, vous gelez, avant que les trombes d'eau qui vous tombent sur la tête ne vous réveillent pour de bon.
Alors vous comprenez que votre temps est venu, vous entendez les fantômes murmurer votre nom. L'atmosphère est apaisée, ils quittent les lieux...

Whoooooooooooooooooooooooooooooo

But even though I am lost all the time, I've got hooks in my sides that you left there. But you're not the same; you died along the way. Now we're ghosts and we're praying for winter.

...vous emportant avec eux. Vous voilà enfin libéré.

All my nightmares escaped my head


Radical Face: Welcome Home (mp3)
Radical Face: Let The River In (mp3)
Radical Face: Wrapped In Piano Strings (mp3)
Radical Face: Homesick (mp3)





Let Ghost haunt you...

vendredi 18 mai 2007

The serial killer of serial killers


Quelques mots sur la série Dexter, qui vient de débarquer sur Canal+ cette semaine. Attention: à ne pas confondre avec le dessin animé du même nom, parce que c'est pas franchement le même genre...
Dexter Morgan est expert judiciaire le jour, spécialiste dans les projections de sang (hyper pointu le gars...), et tueur en série la nuit, réglant leurs comptes aux serial killers qu'il démasque lors de ses enquêtes parallèles (il traîne au tribunal dès qu'il en a l'occasion).
Dans le rôle de Dexter, l'extraordinaire Michael C. Hall, alias David Fisher, croque-mort_"I prefer funeral home director"_pardon, directeur de pompes funèbres dans la meilleure série de tous les temps, Six Feet Under.
Traumatismes de l'enfance, difficultés dans les relations aux autres: on en apprend déjà pas mal sur le personnage principal dans les premiers épisodes. Et on découvre ainsi un nouveau héros de série à la fois attirant et effrayant, nous faisant douter de notre modèle de pensée Bien vs Mal, comme Vic McKay (The Shield), Tony Soprano, Jack Bauer (24H) ou Al Swearengen (Deadwood).
Le générique, flippant à souhait:



Un extrait du premier épisode, attention c'est pas pour les petits nenfants (Gwendal ferme les yeux ;)



Talking Heads: Psycho Killer (mp3)
Bishop Allen: Psycho Killer-live (mp3)
Feist: Brandy Alexander (mp3) (aucun rapport? si si cherchez bien vous verrez...)

Dexter, tous les jeudis à 20H50 sur Canal+ (VO le lundi suivant vers 00H30)
Si vous avez raté les deux premiers épisodes pas de panique: rediffusion le 19/5 à 23H40 (VF) et le 21/5 à 00H30 (VO)

mardi 15 mai 2007

On the road again


Vous connaissez sans doute les Daytrotter Sessions. Sinon foncez-y et rattrapez-vous ici. Daytrotter invite dans ses studios de jeunes groupes/artistes encore peu connus pour qu'ils y enregistrent une session acoustique, dont quatre titres en général sont disponibles sur le site.
Je n'ai pas forcément toujours le temps ou le courage de tout écouter, mais quand j'ai vu il y a quelques mois de ça qu'un certain Paleo avait droit à neuf titres, je me suis dit que ce garçon devait avoir quelque chose de spécial. Et bien oui...

Paleo, alias David Andrew Strackany, est un songwriter new-yorkais qui s'est lancé dans un projet fou l'an dernier, appellé Song Diary: partir en tournée à travers les Etats-Unis pendant un an, et composer, enregistrer, puis diffuser en ligne sur son site une chanson par jour, tous les jours pendant cette année. Projet fou mais réussi: parti de Floride le 16 avril 2006, il a terminé son périple dans la capitale américaine Washington DC le 15 avril dernier.



Fragiles et précaires lors de la tournée à cause des conditions d'enregistrement, ses compositions prennent toute leur ampleur dans cette session acoustique. Exemple ce Three Stops To The Big Dream I Dream, sans doute la chanson la plus efficace, ou encore Love With An Illegal et son phrasé très dylannien.
Forcément après ça on s'attaque aux 365 chansons du Song Diary, et c'est du boulot!!! David est souvent seul avec sa guitare, la magie opérant simplement grâce à la beauté des mélodies et à la voix, mélange de Conor Oberst (Bright Eyes) et Alec Ounsworth (CYHSY) ( je vois qu'il y en a qui partent en courant...). A noter aussi que chaque dimanche il réinterprète la même chanson, Sunday Prayer (ah ces américains vraiment...), sur un rythme plus ou moins rapide, ou avec d'autres instruments parfois (des percussions sur Sunday Prayer XLIII mp3)

"The Diary was supposed to be a reflection of me.
But every day, more and more, I became a reflection of it."



Paleo est également l'auteur d'un album, Misery, Missouri, sorti en 2005 et au son plus produit que les chansons de Song Diary bien sûr. La rythmique y prend une place plus importante, comme sur What Is Love?, et le style est plus souvent rock que folk (par exemple sur When Pirates Come To Port ou AOK), même si l'on retrouve quelques titres plus calmes comme Houdini ou Next Train.




Quelques extraits de la Daytrotter Session:
Paleo: Three Stops To The Big Dream I Dream-11/30/06 (mp3)
Paleo: Love With An Illegal-12/23/06 (mp3)

Et du Song Diary:
Paleo: In The Morning Linda Dies-04/29/06 (mp3)
Paleo: Woman Like Me-05/08/06 (mp3)

Et enfin de Misery, Missouri (épuisé sur son site, un peu cher ici)
Paleo: What Is Love? (mp3)
Paleo: AOK (mp3)
Paleo: Next Train (mp3)

Bonus vidéo: This Is The Life-06/24/06 en live



Et le clip de 1992, esprit DIY garanti