mardi 12 décembre 2006

Midlake: The Trials of VAN OCCUPANTHER

Sélection album de l'année


On parle souvent pour les jeunes groupes du difficile cap du deuxième album. Si l'enregistrement de The Trials of VAN OCCUPANTHER a été semble-t-il un peu difficile (un an d'écriture pour le leader du groupe Tim Smith), il est clair en tout cas que les texans de Midlake ont franchi un cap avec ce disque. Après un très bon premier album (Bamnan and slivercork) de pop psychédélique rappelant Grandaddy, le groupe américain passe à la vitesse supérieure pour nous offrir une grande oeuvre de pop baroque, entre Neil Young et Van Morrison.

Difficile d'en extraire quelques titres tellement l'ensemble est parfait, harmonieux. Dès l'intro Roscoe, on est en pleine période rock seventies avec clavier, riffs de guitare et voix doublée; ambiance plus pop sur Bandits avec ses accords de cordes magistraux puis la basse et la flûte qui se superposent. Chaque titre a sa petite particularité qui le rend irrésistible: les soli de guitare entre chaque 'I think I'll head home' sur le refrain de Head Home, Van Occupanther est une ballade juste parfaite, ou le violon introductif du single Young Bride, relayé ensuite par la section rythmique qui accompage la belle voix de Tim Smith.

My young bride
Why are your shoulders like that
Of a tired old woman
My young bride
Why are your fingers like that
Of the hedge in the winter

Polonaise in winter
Snowshoes and hunters
Carry the goods in for you
Darkness and forest
Grant you the longest
Face made for porridge and stew

My young bride
Why aren't you moving at all
Helps to make the day seem shorter
My young bride
Why aren't you keeping with you all
The ones who really loves you

La musique de Midlake dérive toujours entre calme et tempête: couplet dépressif puis refrain ensorcelant sur Branches, un des sommets de l'album (même si tout le disque tutoie les sommets), envol électrique de In this camp en plein milieu de la chanson ou encore We gathered in Spring avec son intro acoustique puis son refrain spacial. La basse, toujours omniprésente, se fait pourtant discrète, comme sur le tubesque It covers the hillsides. La fin de l'album approche avec la superbe ballade Chasing after deer:

You're always chasing after deer
Oh my dear, oh my dear
And through the meadow I can hear
My fears, oh my fears

Enfin, You never arrived clôt The trials of..., titre tellement court que l'on a pas eu le temps, nous, d'atterrir tant on était bien dans l'apesanteur de la musique de Midlake.

Parfait, alors? Presque, car il y a tout de même un petit quelque chose: la pochette et sa photo inspirée d'une publicité à Tim Smith est sans doute l'une des plus moche de l'année!

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Bonus: faisons dans le beaucoup plus léger avec les anglaises de The Pipettes, revival des girls bands 50's/60's

dimanche 10 décembre 2006

Transmusicales 2006: Jeudi 7/12, Première Partie


Rendez-vous aux environs de 20h30 Place de la République: et c'est parti pour une demi-heure de bus, dans la joie et la bonne humeur. En effet, précisons pour les non-rennais que depuis quelques années le festival a quitté le centre-ville de Rennes (pour cause de travaux au Liberté) pour se délocaliser au Parc Expo, juste à côté de l'aéroport (si c'est pas rock'n'roll ça...). Fini les différentes salles de concert, tout se passe désormais sur un seul site comme pour un festival d'été.

A l'arrivée sur place vers 21h, le public est encore un peu clairsemé et je me laisse entraîner vers le hall 9, le plus grand, attiré par le gros son de The Sunshine Underground. Ces anglais nous offre un rock dansant, mélange de The Rapture pour le groove et Kasabian pour l'énergie. Malgré de bonnes intentions, le public reste un peu stoïque, début de soirée oblige.

21h30: fin du set pour The Sunshine Underground, et une bonne demi-heure avant le gros morceau des Trans 2006, Cat Power.On a donc le temps de faire un tour du côté du hall 3 pour voir les hollandais de Stuurbaard Bakkebaard (non j'ai pas le doigt lourd, c'est vraiment leur nom), un trio guitare, batterie et ... contrebasse, qui joue un rock assez inclassable.




Le chanteur tente quelques mots en français: "Madame, monsieur, merci beaucoup" ou "Madame, monsieur, cette chanson is about Dieu, you know, God, the man with a beard" bon ça va merci on a compris... Assez original donc, mais insuffisant pour retenir le public: la salle se vide progressivement quand approche 22h, tout le monde converge vers le hall 9 pour Cat Power.

Presque aux premières loges pour Chan Marshall: idéal pour observer la belle américaine. Les musiciens s'installent tranquillement, le pianiste pose une petite photo (sa maman?) sur le piano, puis Chan s'approche du micro, toute de noir vêtue (pantalon, chemise manches longues, mitaines en cuir), queue de cheval en guise de coiffure. Un seul mot: magnifique, encore plus belle en vrai que dans les magazines. Pas de Memphis Rhythm Band ce coup-ci, mais un groupe composé entre autres de Jim White à la batterie (Dirty Three, Nick Cave) et Judah Bauer à la guitare (Blues Explosion), ce qui donne un concert très rock, teinté de blues, plus rythmé qu'à l'habitude.




The Greatest ouvre le bal, et Chan Marshall commence ses petits pas de danse et ses mouvements de bras. Malheureusement on sent dès les premiers titres qu'il y a quelque chose qui cloche: Chan quitte la scène entre chaque morceau (sans doute pour voir l'ingénieur du son), nous dit un truc à propos du son (j'ai pas tout capté je l'avoue...). Il est clair que la voix paraît un peu étouffée par une basse trop présente: cela s'arrange un peu ensuite, mais ça reste un problème sur les morceaux les plus rock. "This is too big for us" dit-elle: 'c'est trop gentil d'être venus si nombreux' ou 'la salle est trop grande pour nous', moi je l'ai plutôt compris au sens littéral. Pas sûr qu'elle ait sue avant de venir qu'elle jouerait dans un hall dédié habituellement à la foire aux vins ou au salon de l'agriculture! Malgré la sono hasardeuse, on a tout de même droit à une belle reprise de Satifaction des Stones, dans une version plus proche de l'original que celles que l'on trouvent sur son album de reprises ou ses sessions acoustiques.
Le show terminé, Chan Marshall revient sur scène pendant le DJ set et danse tout en lançant les set-lists sous forme de boules de papier: impossible d'en récupérer une malgré les deux ou trois personnes piétinées, désolé!

C'est donc sur une impression mitigée que l'on quitte la salle pour aller voir Viva Voce, un duo guitare/batterie américain qui fait tellement de bruit que le son pourri ne les dérangent pas!



Même formule que les White Stripes, sauf qu'ici c'est Monsieur qui est derrière les fûts, et Madame au chant et à la guitare. Le batteur troque parfois ses baguettes pour un clavier ou une guitare. Du rock primaire assez sympa. Avant de partir, le groupe nous délivre un dernier conseil en entamant le dernier titre: "Hey guys, don't fuck around!". On tachera de s'en souvenir.
Retour au hall 9 sur le coup de minuit pour les anglais de Razorlight. Dès l'apparition de Johnny Borrell, les groupies signalent leur présence par des cris suraiguës. Tout en blanc, avec jean moulant taille basse et tee-shirt collé au corps, il me fait penser à Alex dans Orange Mécanique, mais sans le chapeau melon.

Ca commence très fort avec In the morning, le tube du deuxième album, avant que les autres tubes suivent: Golden Touch, Leave me alone, Vice, Don't go back to Dalston, Stumble and fall (désolé je ne connais pas le deuxième album, et avec ce que j'en ai entendu ce soir, il ne doit pas être extra...).

Johnny sort de scène puis revient torse nu pour un final tout en douceur sur In the city: les jeunes filles au premier rang ont beaucoup aimé.

I'm from Barcelona, c'est dans une heure, alors allons faire un tour chez The Horrors, groupe anglais de rock garage bien brutal, d'inspiration Cramps. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est assez énergique: ces garçons au look gothique, tout en noir avec plein de cheveux cachant leurs visages, se déchaînent sur scène. Le chanteur saute dans la foule, hurle, les guitares saturent et finissent fracassées par terre; bien violent comme il faut.

A suivre...

samedi 9 décembre 2006

Sufjan Stevens: The Avalanche


Sélection album de l'année


Après avoir sorti 4 albums en cinq ans (de 2001 à 2005), Sufjan Stevens déclarait en fin d'année dernière, en pleine tournée pour l'album Illinoise, qu'il ferait bien une petite pause l'année suivante (soit cette année donc). The Avalanche cet été, Songs for Christmas le mois dernier: on peut dire que c'est réussi pour le repos!
Et bien qu'il n'y ait pas, sur ces deux disques (ou plutôt 6!), que du matériel inédit, on peut dire que Sufjan a encore eu une année bien chargée, avec en plus de ces deux sorties une tournée mondiale qui a suivie la parution de The Avalanche.

Dès le premier titre éponyme et les premières notes de banjo, de piano, les premiers choeurs, on se dit: "Qu'est-ce que c'est bon!". The Avalanche, c'est une piqûre de rappel à Illinoise, au cas où ça n'aurait pas pris la première fois (impossible!). Je ne vous ferai pas une description titre par titre du disque, mais je retiendrai juste quelques merveilles: Dear Mr. Supercomputer, à classer dans la même catégorie que Chicago ou Come On! Feel the Illinoise!, Adlai Stevenson, carillonnante de partout, Springfield, or Boby got a shadfly caught in his hair (vous remarquerez que les titres sont un peu plus court que sur Illinoise!) et sa guitare électrique détraquée, No man's land pour l' alternance parfaite entre guitares et instruments à vents ou encore The Pick-up, magnifique titre acoustique.
Et puis il y a bien sûr les trois versions alternatives de Chicago, titre phare de l'album précédent: une superbe version acoustique, une version 'easy-listening contemporain pour adultes' un peu décevante, n'apportant rien à l'original, et enfin la version 'troubles multiples de la personnalité' (!!!), la meilleure des trois, que je vous laisse le plaisir de découvrir plus bas.

The Avalanche, c'est donc comme précisé sur la pochette les chutes de studio de Illinoise, augmenté de quelques inédits. On peut lire aussi en bas de cette pochette 'Shamelessly compiled by Sufjan Stevens': ce qui aurait été honteux, c'est de nous priver des pépites présentes sur cet album, nouvelle preuve que Sufjan Stevens est l'artiste le plus créatif depuis un bon bout de temps. A noter aussi qu'il a été judicieux de sortir ces chansons sous cette forme: un double album Illinoise de plus de 2H30 aurait été très risqué, dans le genre Sandinista! de The Clash, grand disque bien sûr, mais pas parfait d'un bout à l'autre et ayant signé le début de la fin pour le groupe.

Sufjan Stevens: Springfield, or Bobby Got a Shadfly Caught in his Hair (mp3)
Sufjan Stevens: Chicago (Multiple Personality Disorder version) (mp3)

Pour la version originale de Chicago, allez voir ici

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Bonus: Cat Power, la plus grande (c'est pas moi qui le dit c'est elle)

Cat Power: The Greatest (mp3)

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La review de son concert aux Trans dans quelques jours...

vendredi 8 décembre 2006

First Impressions of Trans


Quelle soirée!
Avant une review complète d'ici quelques jours, je vous livre juste un indice sur mon coup de coeur du festival:

I'm gonna sing this song with all of my friends
and we're I'm from Barcelona
Love is a feeling that we don't understand
but we're gonna give it to ya
Lalalalala lalalalala la la la la...

Trop bon! Par contre l'indice est peut-être un peu évident...

jeudi 7 décembre 2006

M. Ward: Post-War

Sélection album de l'année


Pour être tout à fait franc, je ne connaissait M. Ward que de nom, et j'ai découvert sa musique seulement cette année avec son cinquième album, Post-War. Un an et demi après l'excellent Transistor Radio (qu'il va falloir que j'écoute), l'un des fleurons du songwriting américain nous livre son disque le plus accessible et le plus rock aussi.

"Quelle voix!": voilà le premier truc que je me suis dit, dès les premières secondes de Poison cup, le titre qui ouvre l'album, avec une superbe intro violon/guitare acoustique, puis l'arrivée de la batterie. Intro beaucoup plus puissante par contre sur le tubesque To go home (reprise de Daniel Johnston), totalement irrésistible.
On enchaîne ensuite avec le touchant Right in the head: superbes guitares acoustique+électrique saturée et texte anti-guerre. Cette chanson parle d'un homme dont le petit frère est soldat en Irak, et qui espère qu'il est "right in his head": Matt Ward joue ici sur le double sens de "right in the head" qui veut dire 'être bien dans sa tête' mais aussi '(recevoir une balle) direct dans la tête'.
Le titre du disque et du quatrième titre, Post-War, magnifique ballade, ne fait-il d'ailleurs pas référence à l'après-guerre en Irak (selon G.W. Bush en tout cas), après-guerre beaucoup plus meurtrière que la guerre en elle-même?
La pochette du disque s'ajoute aussi au militantisme des chansons: couleurs militaires, drapeaux, décorations, images de corrida, bâtiments en ruine... Bref, je crois que j'aime ce garçon.
Mais revenons à la musique: passé ces premiers titres qui sont pour moi les meilleurs de l'album, on trouve encore d'excellentes chansons telles que le très doux Rollercoaster, un Chinese translation très rythmé ou encore Neptune's net, instrumental genre surf-music.

J'ai donc découvert avec Post-War l'un des artistes les plus importants de la scène folk US, et ce disque me donne l'envie de me pencher plus attentivement sur la discographie de Matt Ward.

M. Ward: To go home (mp3)
M. Ward: Right in the head (mp3)

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Bonus: Restons dans l'exploration du classic-rock américain avec Loose Fur, super-groupe composé de Jeff Tweedy et Glenn Kotche (Wilco) ainsi que Jim O'rourke (ex-Sonic Youth)

Loose Fur: The ruling class (mp3)

Achetez l'album Born again in the USA

mardi 5 décembre 2006

Sunset Rubdown: Shut up I am dreaming

Sélection album de l'année

Wolf Parade, Swan Lake, Sunset Rubdown et aussi Frog Eyes de temps à autre: Spencer Krug est un garçon très créatif et très occupé. Le canadien a en effet participé à tous ces projets, ces quatre groupes ayant chacun sorti un album en l'espace d'un an seulement.

Dès l'intro Stadiums and shrines II, on cerne tout de suite l'univers de Spencer Krug: déchaînement de guitares, piano brutalisé utilisé pour donner le rythme aux morceaux, batterie puissante avec gros coups de cymbale, voix éraillée, toujours sur le fil du rasoir... On a ici tous les ingrédients classiques du rock, mais détournés pour en faire une musique déstabilisante pour l'auditeur, et sans doute jouissive pour leurs auteurs.
L'impression se confirme sur They took a vote and said no, un des sommets de l'album, avec ce surprenant 'Padadadam' doublé de sifflets, puis sur Us one in between, chanson minimaliste avec une petite intro au piano puis l'arrivée d'une guitare saturée et d'une batterie métronomique.
Shut up I am dreaming trouve la capacité de nous surprendre à chaque titre, comme sur I'm sorry I sang on your hands that have been in the grave (ouf...) et son intro électro-exotique, ou sur Snakes got a leg III avec cette fois un piano électrique qui donne le ton, puis un refrain entraînant, avant que le piano ne revienne casser le rythme, comme pour ne pas nous installer dans une routine couplet/refrain/couplet.
C'est quasiment ça sur tous les titres: du rock déstructuré mais pas bordélique (ou alors juste un peu...), bruitiste sans être bruyant (en tout cas les voisins ne s'en sont pas plaints).
Sunset Rubdown nous étonne encore avec l'acoustique The empty threats of little lord ou Swimming: intro au piano, voix enregistée à 10 mètres du micro...
Comme tous les grands disques de l'année (The Decemberists, Guillemots...), on finit ensuite en beauté avec The men are called horsemen there et surtout Shut up I am dreaming of places where lovers have wings (quel titre magnifique!): superbe guitare acoustique, voix murmurée au début de la chanson puis final grandiose.

Ce disque n'est donc clairement pas le plus facile d'accès de ma sélection, mais il s'impose au fil des écoutes comme l'un des chefs-d'oeuvre de l'année.

Sunset Rubdown: Snakes got a leg III (mp3)
Sunset Rubdown: Shut up I am dreaming of places where lovers have wings (mp3)

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Bonus: Les autres groupes de Spencer Krug, Wolf Parade (album sorti en 2005) et Swan Lake, la crême de l'indé nord-américain (attention, un jeu de mots se cache dans cette expression, sauras-tu le retrouver?...) avec Daniel Bejar (Destroyer, New Pornographers) et Carey Mercer (Frog Eyes)

Wolf Parade: Modern World (mp3)
Swan Lake: The Freedom (mp3)

lundi 4 décembre 2006

Toy Fight: Anagram Dances


Sélection album de l'année


Groupe français (mi-parisien, mi-lyonnais) autoproduit, Toy Fight s'est fait connaître par Myspace, et est actuellement le petit chouchou de pas mal de bloggeurs. Leur premier album, Anagram Dances, est constitué de chansons composées depuis 2003 par les trois membres du groupe. Leurs influences diverses (Pascal Comelade, Elliott Smith, Kings of Convenience, Kinks, Belle & Sebastian, Neutral Milk Hotel) et le fait que chacun joue de tous les instruments sur ce disque expliquent le côté très varié et peu référencé du disque. Disque qui restera unique, car ce sera, selon le groupe, le dernier de Toy Fight.

"Il est rentré ton frère?": dès l'intro du disque sur Where the avalanches are, on sent tout de suite le côté DIY, home-made, que l'on retrouve sur tout le disque, avec un son qui donne son charme à Anagram Dances. On enchaîne ensuite sur The hidden second avec une intro au piano, un instrument présent sur de nombreux titres (dont les deux instrumentaux Your headaches, my duchess et Witnesses are now confettis), puis une grosse rythmique et l'emballement final, qui fait de ce titre l'un des sommets du disque.
Ensuite les chansons s'enchaînent, dans un style toujours diversifié: Minute song, petite pop-song bucolique, A drum drum boy et son intro électro puis sa guitare western ou encore Scientists having a good time, une des merveilles du disque avec une superbe guitare. Et bien sûr il y a le tube, la chanson irrésistible indispensable à tout bon album : ici c'est Victim's hairdo, avec sa petite intro au piano, puis les voix magnifiques du chanteur et de Pauline qui s'enchevêtre sur le refrain.

Toy Fight, ce sont donc des chansons qui partent dans une direction, et finissent par arriver totalement ailleurs, des titres très originaux, rafraîchissants. Dommage que ce soit l'unique album du groupe, même si on peut se consoler avec les divers projets des membres de Toy Fight, tels que les groupes (Please) Don't Blame Mexico et The Limes.

Toy Fight: Where the avalanches are (mp3)
Toy Fight: Victim's hairdo (mp3)

Leur page Myspace
L'interview du groupe chez Thanu
Achetez l'album sur le site du groupe (en plus c'est pas cher)


Bonus: la pop bricolo de Shugo Tokumaru, "le Sufjan Stevens nippon" selon Magic

Shugo Tokumaru: Mist (mp3)

Achetez l'album L.S.T. ici ou là

vendredi 1 décembre 2006

Guillemots: Through the windowpane


Sélection album de l'année

Parmi la pléthore de nouveaux groupes anglais apparus cette année (comme tous les ans d'ailleurs), Guillemots se détache du lot sans soucis. Mené par Fyfe Dangerfield (ce nom!), ce groupe aux membres d'origines diverses (anglaise, canadienne, brésilienne) nous offre une pop d'orfèvre, parfois expérimentale, avec des influences jazz ou brésiliennes.
Je les ai découvert en fin d'année dernière avec le single Trains to Brazil, avant que ne sorte au printemps le mini-album From the cliffs (8 titres pour 40 minutes, pas si mini que ça en fait...), première étape avant le long format cet été.

La musique de Guillemots, c'est un équilibre parfait entre des titres très calmes et envoûtants, comme sur l'intro Little bear (entrée en douceur dans l'univers du groupe avec juste cordes, piano et cette voix magnifique), et des titres plus rythmés, comme sur les chansons qui suivent, Made-up lovesong #43 et Trains to Brazil, les deux singles déjà présents sur From the cliffs.
Le côté expérimental, toujours risqué, donne un résultat parfois décevant (Come away with me, seul bémol du disque) mais souvent réjouissant, comme par exemple Blue would still be blue, titre quasi a capella. Tous les autres titres sont superbes, notamment au niveau mélodique: Redwings avec la voix très en avant au début puis la montée en puissance de l'orchestration, If the world ends, magnifique ballade, un We're here très rythmé et au joli refrain ou encore Annie, let's not wait aux touches électro et au final brésilien.
Et puis il y a Sao Paulo, le final grandiose, plus de 11 minutes tout en changement de rythme et accélérations, avec 4 dernières minutes de folie.

Guillemots confirme donc avec Trough the windowpane tous les espoirs placés en eux en début d'année. Il faudra sans doute compter sur eux à l'avenir, du moins si leur leader/songwriter/producteur Fyfe Dangerfield, un peu dingue, arrive à contenir ses excès de folie créative (dans le genre fou, les autres membres ne sont pas mal non plus, comme le guitariste qui, en live, utilise une perceuse en guise de médiator! (les cordes apprécient moyennement)).

Guillemots: Trains to Brazil (mp3)
Guillemots: Annie, let's not wait (mp3)
Guillemots: Who left the lights off, baby? (mp3, issu de From the cliffs)

EDIT: A voir aussi le concert à emporter chez la blogothèque, sans perceuse mais avec une scie (musicale), une machine à écrire et un réverbère ...

Achetez les albums de Guillemots ici ou là

Bonus: Pas loin du top cette année, la superbe Jenny Lewis (membre de Rilo Kiley) s'entoure de deux jumelles (The Watson Twins) pour un album country-folk dont est extrait ce magnifique titre, le plus dépouillé:

Jenny Lewis with the Watson Twins: Rabbit Fur Coat (mp3)

Achetez Rabbit Fur Coat

jeudi 30 novembre 2006


En revoyant Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's chantant Moon River chez Un violon, un jambon, j'ai tout de suite pensé à la petite merveille chantée par Claudine Longet dans The Party, meilleure comédie de l'histoire du cinéma (carrément, enfin selon moi), réalisée aussi par Blake Edwards et avec Peter Sellers.
Un pure moment de grâce dans un film totalement délirant, où Peter Sellers enchaîne gaffe sur gaffe.

mercredi 29 novembre 2006

Sufjan Stevens: Songs for Christmas
C'est Noël!Comme je suis heureux...


EDIT:Après moultes hésitations, je vais mettre ce coffret dans ma sélection, car même si les chansons datent de 2001 à 2006, le volume V mérite à lui seul la
Sélection album de l'année

Le voilà donc enfin, ce coffret de chansons de Noël!
Ces chansons traditionnelles ou compositions originales, regroupées à l'origine par Sufjan sur un CD-R, étaient destinées à ses proches (famille et amis). Sufjan Stevens voulait ainsi retrouver l'esprit originel de Noël en composant chaque année ces chansons. Puis c'est devenu un projet de coffret pour le grand public, parce qu'il n'y a pas de raison pour que lui aussi ne profite pas de l'effet commercial des fêtes de fin d'année (quand c'est aussi bon que ça, on lui pardonne).

On est donc en présence d'un joli objet, constitué de cinq EPs individualisés, d'un livret avec paroles, grille d'accords et deux nouvelles écrites par Sufjan, d'un poster, d'une petite BD et d'autocollants (très à la mode depuis Beck!).

Tout cela est bien joli, mais le plus important c'est bien sûr la musique, et là...
Le premier volume (Noël), compilé en 2001, est essentiellement composé de titres joués au banjo et à la guitare, dans le style de ses premiers albums, avec la participation de Matt Morgan (déjà présent sur l'album A sun came!).
Il faut attendre le volume II (Hark!) mais surtout les volumes III et IV (Ding!Dong!/Joy) pour retrouver le style caractéristique de Sufjan Stevens, l'alternance de titres banjo/guitares calmes et de titres piano/choeurs/glockenspiel/percussions diverses plus mouvementés, comme dans les albums Michigan ou Illinoise. L'équipe est d'ailleurs la même que pour ces albums, les désormais célèbres Illinoisemakers (notamment Shara Worden aka My Brightest Diamond sur quelques titres).
Quant au volume V (Peace), composé cette année, il regroupe les chansons les plus grandioses du coffret, ce qui est très encourageant pour les albums à venir. On atteint carrément des sommets en fin de disque avec l'enchaînement Jupiter Winter/Sister Winter/Star of Wonder (sortez le gros pull pour Sister Winter,la plus belle chanson de l'année, non pas qu'il fasse froid en ce moment (c'est le moins que l'on puisse dire) mais parce des frissons vont vous parcourir tout le corps, je vous le garantie).

Bref, pari réussi pour Sufjan Santa qui nous mets dans les meilleurs dispositions possibles avant Noël tellement on se sent heureux, apaisé et joyeux à l'écoute de ces chansons.

Comme c'est Noël, un petit paquet (de mp3s)
Vol I: Amazing Grace
Vol II: I saw three ships et Only at Christmas time
Vol III: Come on!Let's boogey to the elf dance!
Vol IV: Did I make you cry on Christmas day? (Well,you deserved it!)
Vol V: Sister Winter et Star of Wonder

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