Aujourd'hui parlons de deux grosses pointures de l'année, deux albums attendus avec impatience par beaucoup de monde, deux candidats sérieux aux tops 2007. Et aussi deux albums construits de la même façon, en deux mouvements: première moitié rythmée, entraînante, seconde partie plus calme, plus apaisée. Parlons donc de
Boxer et
Cassadaga.
Ahh
Boxer... On l'a vraiment désiré celui-là. Découverts il y a deux ans avec le superbe
Alligator, les américains de
The National étaient plus qu'attendu au tournant cette année. Gros buzz sur l'audiosphère, première partie d'Arcade Fire sur la tournée américaine (arghhhh... et nous alors?), à défaut d'être l'année du Front National (héhé), 2007 pourrait bien être l'année de The National.
Autant dire que les premières secondes confirment tout de suite les espoirs. L'intro de
Fake Empire donne le ton du disque: le piano, puis la batterie au son caractéristique, le final aux cuivres, et surtout cette voix, l'une des plus belles actuellement. La grande classe. Impression confirmée par le premier single
Mistaken For Strangers, à la rythmique monstrueuse: toute résistance est inutile...
On sent que le groupe déroule son jeu, sur de son talent mais sans être arrogants. La richesse des arrangements et la complexité des compositions font que
Boxer ne se dévoile que petit à petit, au fil des écoutes. On a franchement pitié d'Editors ou même d'Interpol par moment (pour rester dans la famille fils spirituels de Joy Division): écoutez juste les superbes cordes de
Green Gloves, le balancier entre guitares et batterie de
Slow Show, qui vous fera tourner la tête...
Avec le délicat
Start A War commence la seconde partie de l'album, plus calme: un titre tout en tension sous-jacente, plein de retenue. Et quand Sufjan Stevens vient donner un coup de main au piano et achever le travail sur les deux merveilles que sont
Racing Like A Pro et
Ada, on succombe totalement au charme de
Boxer.
The National: Fake Empire (mp3)
The National: Slow Show (mp3)
The National: Ada (mp3)

Album:
Boxer
De l'autre côté, parlons de
Bright Eyes. Bizarrement on a assez peu parlé de
Cassadaga depuis sa sortie: est-ce par déception ou par ignorance? Dans les deux cas je vais tâcher d'y remédier (very pretentious, isn't it?).
Juste au cas où, petite présentation: Bright Eyes c'est essentiellement Conor Oberst, aidé par le producteur et multi-instrumentiste Mike Mogis. Conor a 27 ans, déjà dix ans de carrière avec son groupe, et il avait même fondé son premier groupe dès l'âge de 14 ans. Considéré par beaucoup comme le successeur de Dylan (et oui encore un...), il a surtout commencé à faire parler de lui fin 2004, quand il a réussi l'exploit de placer les deux singles extraits de
Digital Ash In A Digital Urn et
I'm Wide Awake It's Morning ( ses deux albums de 2005) #1 et #2 au Billboard (premier à réussir cela depuis... Puff Daddy en 1997).
C'est bien gentil tout ça me direz-vous, mais qu'est-ce qu'il vaut cet album? Il est clair que Conor Oberst a voulu en faire un album ambitieux, et on l'entend dès le premier titre: l'orchestre qui s'accorde, la montée en puissance après une intro calme. Ambition vocale aussi: l'arrogance dans la voix sur l'entraînant
Four Winds, le côté sûr de soi là aussi rappelle justement Bob Dylan.
Le contraste entre le début et la fin de l'album est ici encore plus net que sur
Boxer, les sept premiers titres étant tous des chansons rythmées, accrocheuse:
Hot Knives et ses guitares tranchantes (dont celle de M. Ward), les violons romantiques de
Make A Plan To Love Me. Quelques reproches toutefois: on frôle parfois le style pompier (la ballade
If The Brakeman Turns My Way, au refrain un peu noyé sous un orgue sprinsteenien), et les invités sont très discrets voire invisibles (en plus de Matt Ward, on n'entend pas donc Gillian Welch entre autres).
Puis arrive
Middleman et on oublie tous les doutes: à partir de cette merveille pleine de percussions diverses et de superbes arrangements de cordes, tout n'est qu'enchaînement de perles, ravissement pour les oreilles. Chaque titre a sa petite touche pour se différencier des autres: ambiance exotique et vents sufjaniens pour
Cleanse Song, embriquement des paroles, petites touches électro et final arabisant sur
Coat Check Dream Song, ambiance country-folk habituelle sur
I Must Belong Somewhere, sans oublier
No One Would Riot For Less, considéré par tout le monde comme le chef-d'oeuvre du disque (je confirme).
Death may come invisible or in a holy wall of fire
In the breath between the markers on some black I-80 mile
From the madness of the governments to the vengeance of the sea
Everything is eclipsed by the shape of destiny
So love me now
Hell is coming
Kiss my mouth
Hell is here
Little soldier, little insect, you know war it has no heart
It will kill you in the sunshine or happily in the dark
Where kindness is a card game or a bent up cigarette
In the trenches, in the hard rain, with a bullet and a bet
He says, help me out
Hell is coming
Could you do it now?
Hell is here
See the sterile soil,
Poisoned sky
Yellow water,
Final scraps of light
Bringing new tears
Wake, Baby, wake but leave that blanket around you there is no where as safe
I'm leaving this place but there is nothing I'm planning to take
Just you
Just you...
Bright Eyes: Hot Knives (mp3)
Bright Eyes: Cleanse Song (mp3)
Bright Eyes: No One Would Riot For Less (mp3)

Album:
CassadagaPleins de mp3s des albums précédents chez
Saddle Creek