Je ne reprendrais pas la série des "Coming Soon" cette année, une rubrique où je présentais les sorties du mois à venir. C'est assez laborieux à faire: chercher les sorties de disques, les mp3s disponibles, tous les liens... Je vais plutôt faire ça au fur et à mesure des nouvelles chansons mises à disposition par les labels. Et commencer aujourd'hui avec Elvis Perkins, auteur en 2007 de l'un de mes albums préférés. Deux ans après ses débuts, il revient sous le nom de groupe de Elvis Perkins in Dearland, accompagné des trois acolytes qui ont tourné avec lui en 2007 et 2008 (avec notamment un détour par ici). L'album éponyme sort le 10 mars chez XL Recordings, et le premier titre à découvrir est l'excellent Shampoo. Deux autres morceaux sont en écoute sur son site officiel.
Direction St Malo pour la première soirée de la Route du Rock au Fort St Père. Difficile, comme chaque année, de ne pas parler du temps: le ciel bien chargé et les gros nuages que les remparts semblent incapables de contenir annoncent une soirée mouvementée... Mais on est prêts à braver les éléments pour une affiche pareille:
Mercredi 15 Août Le Fort de Saint-Père Ouverture des portes 18H30
02H30 JUSTICE (live) 01H00 THE GO! TEAM 23H30 ART BRUT 22H00 THE NATIONAL 20H30 HERMAN DÜNE 19H15 ELVIS PERKINS
Ayant été totalement charmé par le premier album d'Elvis Perkins (Post), je me devais d'être à l'heure, et de me retrouver aux premiers rangs pour apprécier en live la beautée des titres de Ash Wednesday. Elvis débarque sur scène comme sur son disque: seul avec sa guitare sur While You Where Sleeping, avant que ses musiciens ne le rejoignent un par un, rajoutant à chaque fois un instrument. Une bonne partie de l'album est joué, ainsi que 3/4 inédits, tous plus rock ou plus joyeux que les titres de Ash Wednesday. Ca vire carrément en fanfare sur la fin! Une superbe entame de festival, Elvis Perkins réussissant même à ramener le soleil (Elvis, Sun: logique, non?).
Après une bonne averse sur la tête, place à Herman Düne (Post). Un concert plutôt sympa, mais sans plus. David-Ivar nous raconte la petite histoire de chaque titre, sort quelques blagues (surtout sur... le temps), on sent un groupe qui prend plaisir à jouer.
Arrive alors (enfin!) l'heure de l'entrée en scène de The National (Post). Pluie et vent: l'atmosphère semble idéale pour la musique de la bande new-yorkaise. Un show parfait, intense, pour un groupe (et surtout un chanteur) qui semble vraiment vivre sa musique à fond. L'ambiance est montée d'un cran, et les titres crescendo ou les plus violents donnent lieux aux premiers slams et pogos dans la fosse. Matt Berninger se jette lui aussi dans la foule sur la fin pour un Mr November en apothéose.
Tout le monde est bien chaud, alors faisons entrer Art Brut (Post)! Je ne vous apprendrai rien en vous disant que ce groupe a des compositions taillées pour la scène. Eddie est en grande forme, balance ses chaussettes au public et raconte lui aussi une petite histoire pour chaque chanson. Dans la foule c'est de la folie pure, ça slamme dans tous les sens, j'ai bien cru ne pas en sortir vivant. Aprés avoir essuyé une bière sur la tête, quelques slammeurs sur le dos et 3/4 coups de coude/pieds perdus, il est temps de souffler un peu avant le sprint final...
The Go! Team, c'est vraiment le genre de groupe sympa à voir sur scène, avec une musique rythmée et entraînante, des musiciens qui font participer le public. Sympa, quoi, mais je suis pas plus fan que ça. La troupe multi-ethnique et multi-sexe (euh... enfin juste deux) alterne des titres issus de son premier album et des inédits venant du prochain, qui arrive en septembre. La chanteuse Ninja, bandée au genou, est du coup moins sautillante qu'à son habitude, dansant tout de même sur une jambe.
Enfin, ce sont les très attendus Justice qui ont l'honneur de clôturer la soirée. Autant le dire tout de suite: je suis vraiment pas fan. Deux mecs derrière leurs ordis, qui balancent un set électro bien huilé mais franchement emmerdant à mon goût. On dirait tellement du Daft Punk que je me demande si c'est pas eux en fait, mais sans les masques. Ils ont dû vouloir se relancer, n'ayant pas sorti de bon album depuis... le premier. Après D.A.N.C.E., je déserte les lieux avec en fond sonore We Are Your Friends, le titre qui les a fait connaître.
Voilà pour le bla-bla, place à quelques photos et mp3s. Enjoy!
Tout d'abord, je dois vous dire que je ne ferais pas le jeu de mots Carl Presley. Non, promis. Un, d'autres l'ont sûrement déjà fait avant moi, deux, les jeux de mots c'est pas le genre de la maison (hum...) et trois, Elvis Perkins n'est pas un nom de scène mais le véritable nom de cet artiste américain ayant grandi entre Los Angeles et New-York, parents artistes obligent. Elvis est en effet le fils de l'acteur Anthony Perkins (connu surtout pour le rôle de Norman Bates dans Psychose d'Hitchcock) et de la photographe Berry Berenson.
La musique d'Elvis Perkins c'est un folk de toute beauté, à l'image du titre d'ouverture While You Were Sleeping (et son superbe final à la Calexico), avec notamment une contrebasse très présente (comme sur All The Night Without Love) donnant à ses compositions une classe absolue. Il nous montre aussi parfois son côté un peu plus rock avec la guitare électrique de May Day!, l'alternance des genres rappellant ainsi un autre artiste ayant sorti son premier album cette année, Benjy Ferree. Les textes prennent également une place importante dans Ash Wednesday: souvent mélancoliques, et surtout assez implicites sans être trop abstrait, comme sur It's Only Me, la bien nommée, Elvis étant seul avec sa guitare.
I heard a sound when I was a child someone was walking through the pillow that night the snow muted the pitch of night a shadow approached across a field in white it's only me it's only me and the sound of my heart it startled me as I drifted from the dark room face lifted from the paper moon reflected in the orbit bath he manages to say before he starts to laugh you can't always trust the darkness and the dust but me, I'm just a man it's more than I can understand it's only me
the white noise falls away to reveal the perfect day where roses bloomed out of thin air and music rose from down the buried stairs it's only mine it's only mine I grew it in the shade when the sun couldn't shine and at times I don't know why the tears come to my eyes and what if I go blind as they flow out of my mind it worries me it worries me that there's someone on my mind who I don't see I close my eyes to disappear into the fields of stars between my ears the dark as they overlap we follow one another as we fade to black
it's only night it's only night an ultrasound when I was alive the shadows go spying on the ones in the wild they dip their arrows into the sea they wash their arms as they wait for me they wait for me they wait for me hey wait for me hey wait for me
On a aussi droit à quelques mots en français sur Emile's Vietnam in the Sky (EVS, une nouvelle drogue?), avant Ash Wednesday, le titre éponyme, long morceau d'une tristesse à vous donner des frissons, évocation très délicate du 11 septembre 2001 (sa mère était à bord d'un des deux avions qui s'étaient écrasés sur les Twin Towers), accompagné de superbes cordes.
no one will survive ash wednesday alive no soldier no lover no father no mother not a lonely child in the up and in the bedroom a black and white of the bride and the groom will bring me to my knees with the colorized bad dream that takes its place on ash wednesday
Malgré un titre prometteur, Good Friday, qui clôt le disque, n'est pas très joyeux lui non plus, avec ses paroles étirées sur fond d'harmonium, de scie musicale et de glockenspiel.