Etonnant comment parfois l'histoire d'un groupe (ou plutôt deux ici en l'occurence) amène à des situations intéressantes. L'an dernier les texans d'Okkervil River livraient avec The Stage Names l'un des meilleurs albums de l'année (#7 ici), un album qui aurait dû être double mais qui ne fut que simple finalement. Puis il y a quelques mois, juste avant la sortie du nouvel album de Shearwater Rook, Jonathan Meiburg annonçait qu'il quittait Okkervil River pour se consacrer uniquement à son autre groupe. On a donc avec The Stand-Ins la deuxième moitié d'un double album, avec un musicien qui a quitté le groupe entre l'enregistrement et la sortie du disque. De quoi craindre le pire non?
Et pourtant, The Stand-Ins est loin d'être une vulgaire compilation des morceaux écartés l'an dernier; on en a la preuve irréfutable dès le premier morceau, Lost Coastlines, lancé par le banjo de Jonathan Meiburg et porté ensuite par l'alternance des voix de Will Sheff et Jonathan, deux des voix les plus belles, intéressantes et différentes actuellement. A l'aide de superbes titres rock (Singer Songwriter, les cuivres de Starry Stairs), le groupe texan continue d'explorer le thème de l'écriture ou de la vie en tournée (On Tour With Zykos ou un Pop Lie pied au plancher) et continue surtout de nous démontrer que Will Sheff est l'un des meilleurs raconteurs d'histoire du rock US (Calling And Not Calling My Ex). Quant à Jonathan Meiburg, il apporte une dernière fois sa patte sur des titres comme Lost Coastlines donc ou comme le dernier titre Bruce Wayne Campbell Interviewed On The Roof Of The Chelsea Hotel, 1979, un final en beautée avec cuivres et mandoline.
Si ce n'est un Blue Tulip un peu en dessous du reste, on est donc presque au niveau de The Stage Names avec cet album. Reste une interrogation: et après? Vers quelle direction va aller Okkervil River après cette année décisive? On a hâte de le savoir.
Okkervil River avait lancé un concours de reprises pour cet album. Vous pouvez retrouver toutes les vidéos sur leur page Youtube. Ici, Blue Tulip par Bon Iver.
Bon là c'est sûr, les vacances sont bientôt finies; il suffit de regarder le planning des sorties du mois de septembre pour s'en convaincre. La sélection a été rude, mais voici les douze disques qui accompagneront ma rentrée, et la vôtre aussi pourquoi pas...
La première semaine commence très fort avec Okkervil River et The Stand Ins (01/09), la suite de l'excellent The Stage Names sorti l'an dernier. Ce sera la dernière occasion d'entendre Will Sheff et Jonathan Meiburg ensemble. Un an après sa sortie au Japon, le dernier album de Shugo TokumaruExit (02/09) aura droit à une sortie américaine chez Almost Gold. Peut-être enfin l'opportunité de mettre la main sur le successeur du très bon L.S.T. Egalement cette semaine, le deuxième album d'OrouniJump Out The Window (03/09) qui sort chez Monster K7. Je n'en dis pas plus pour l'instant, car ce sera l'objet de mon prochain billet.
On continue avec la deuxième semaine non moins chargée. Herman Dune (désormais sans tréma sur le 'u' depuis le départ de André) débarque avec Next Year in Zion (08/09), le successeur de Giant. A l'écoute du premier extrait, ça reste sans surprise, dans la même veine. Pas de surprise non plus du côté de Calexico et de Carried to Dust (08/09): c'est toujours aussi beau donc... Enfin, deuxième album cette année pour The Shaky Hands avec Lunlight (09/09), quelques mois après la réédition de leur premier album.
Pour la troisième semaine du mois, je n'ai sélectionné que la réédition chez City Slang du très bon premier album de Get Well Soon, Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon (15/09), pop baroque avec choeurs de cheerleaders (si si, écoutez le titre en dessous). Puis la semaine suivante verra arriver du lourd avec Dear Science (23/09), le troisième album des new-yorkais de TV on the Radio, ainsi que le deuxième album des suédois de I'm From Barcelona, Who Killed Harry Houdini? (24/09), qui s'annonce plus mélancolique que le premier album. Allez voir chez Absnoise pour lire une interview du chanteur et regarder le clip de Paper Planes.
Dernière semaine du mois enfin: Cold War Kids présente son deuxième album, Loyalty to Loyalty (29/09), Mercury Rev revient avec deux albums d'un coup, un dans les bacs (Snowflake Midnight, le 29/09) et l'autre en téléchargement gratuit (Strange Attractor) et Lambchop sort Oh Ohio (29/09): un coup de main pour Sufjan Stevens, qui n'est pas très productif au niveau de son projet un album/un état en ce moment?
Je déroge un peu à la règle pour terminer avec un nouvel extrait (le premier par ici) du prochain album de Of Montreal, Skeletal Lamping, qui ne sort que le 07 octobre. Mais là, ça pouvait pas attendre... C'est trop bon!
Si jamais vous ne trouvez pas votre bonheur là-dedans, vous pourrez toujours vous rabattre sur James Yorkston, Giant Sand, The Spinto Band, Travis, Keziah Jones, Kimya Dawson, High Places, Jenny Lewis, Absentee...
Un sondage à droite pour connaître l'album le plus attendu de la rentrée.
The National donc. Une classe au-dessus de tous les autres, indéniablement. Autant la deuxième place a été très disputée, autant il n'y a pas eu photo pour l'album de l'année 2007. The National est un grand groupe, très grand, et j'espère que ce n'est qu'un début.
Ce post met donc fin à une belle année musicale, pleine de coups de coeur, de découvertes, de déceptions aussi (Radiohead, Jens Lekman un peu lourd sur la longueur, The Shins, Devendra Banhart), de super concerts bien sûr (Arcade Fire Rhhhhaaaaaaa!!!!!).
Après le succès de leur précédent opus et de son single ravageur For Real, c'est peu dire que les américains d'Okkervil River étaient attendus au tournant avec ce nouvel album, The Stage Names.
On est tout de suite rassuré sur sa qualité avec le single Our Live Is Not A Movie Or Maybe qui ouvre la marche: ça commence vraiment très fort, et on peut dire que cette chanson est géniale rien que pour l'écho de guitare acoustique sur la batterie à 2:50. Arrive le deuxième titre pour un deuxième chef-d'oeuvre, le sommet du disque selon moi, Unless It's Kicks et ses superbes guitares électriques, avec comme toujours la voix de Will Sheff sur la corde raide, sur le point d'exploser à force d'accumuler toute cette tension.
Ce qui ressort en fait de cet album, c'est l'incroyable homogénéité de ses chansons, aucune ne se détachant vraiment du lot par rapport au précédent, une homogénéité obtenue par la qualité du songwriting et par l'alternance des styles entre chaque titre. Alors que l'univers est très rock sur les deux premiers titres ou sur You Can't Hold The Hand Of A Rock And Roll Man (au titre et aussi aux guitares stoniennes), il est plus pop avec les choeurs guillerets et handclaps de A Hand To Take Hold Of The Scene, et carrément mélancolique sur Savannah Smiles, histoire très triste d'un père dont la fille a fugué/est morte (j'ai un doute, dites-moi ce que vous en pensez), où la voix de Will est plus belle que jamais.
Midnight, late last week My daughter's diary Didn't know what it might be 'til it was open I only read one page And then put it away Talk about your big mistakes Hey, Shan, nice going
Photos show no tears And her eyes, all those pretty years gone by I just cannot believe could do that to a child
Shannon just flew down Four days back in town She sleeps and lies around and then she goes up And then one day, she's gone What should I have done? Joe turns the tv on with all the lights out
Photos on the wall She's my babyShe's my baby doll Is she someone I don't know at all? Is she someone I betrayed? It's a great day in the fall And the radio's singing down the hall And I rise to turn it off cause all I'm seeing is her face Age 8
Et que dire de Plus Ones, merveille d'écriture, une chanson écrite en utilisant des titres de chansons célèbres avec un nombre, auquel est toujours ajouté 1:
No one wants to hear about your 97th tear So dry your eyes or let it go uncried, my dear I am all out of love to mouth into your ear And not above letting a love song disappear before it’s written
And no one wants a tune about the 100th luftballoon that was seen shooting from the window of your room To be a spot against the sky’s colossal gloom And land deflated in some neighbor’s state that’s strewn with 99 others
8 chinese brothers Well, there’s a reason why the last is smiling wider and sitting higher than the others Swinging his arms
You would probably die before you shot up 9 miles high Your eyes dilated as light played upon the sight Of TVC16 as it sings you goodnight Relaxed as hell and locked up in cell 45 I hope you’re feeling better
[Vous trouverez sur les liens les chansons originales, en mp3 ou vidéo Youtube, et allez chez Blogsarefordogs pour l'intégralité des lyrics et des mp3s]
La deuxième partie de l'album est certes assez classique (A Girl In Port), mais classique ne veut pas dire que ce ne peut pas également être magnifique (Title Track, j'adore le nom...), et The Stage Names se termine par un John Allyn Smith Sails calme au début et au final énervé, comme un résumé du style Okkervil River.
Pour finir, leur prestation de Our Live Is Not A Movie Or Maybe chez Conan O'Brien
mercredi 22 novembre 2006
Grandaddy:Just like the fambly cat
Sélection album de l'année
Grandaddy, groupe californien, c'est avant tout Jason Lytle: il est à la fois le leader, songwriter et producteur du groupe. Et Grandaddy, c'est aussi l'un des groupes de rock indépendant les plus passionnants de ces dernières années. Ou plutôt c'était, devrai-je dire, car Jason Lytle a annoncé avant la sortie de Just like the fambly cat que cet album serait le dernier.
C'est donc à la fois avec un grand interêt et une certaine appréhension que j'attendais ce disque: serai-ce l'album de trop, fait pour contenter les fans avant le split? Disons le tout de suite: la réponse est non. C'est encore du grand Grandaddy, avec cette formule magique qui n'a pas varié au fil des 4 albums: un parfait mélange de pop vaporeuse, d'envolées noisy, de touches d'électro, toujours avec la voix angélique de Jason.
Rien de très original, mais que voulez-vous, quand on aime, ça on en redemande: Jeez Louise (titre ultra musclé), Summer....its gone (single symbole de la pâte Grandaddy), Where Im anymore (pop planante avec miaulements (!!))... C'est un quasi sans-faute du début à la fin, pas leur meilleur album mais le dernier et c'est déjà énorme.
So I guess that's it then, and now I will say, farewell......and may fortune befriend you all. Sincerely Jason Lytle