Après un Visiter qui faisait partie de mes albums préférés l'an dernier, pas facile d'enchaîner aussi vite et aussi fort pour les californiens de The Dodos. Et pourtant ils y arrivent, et avec talent. En ajoutant un troisième membre au line-up (un vibraphoniste), ils enrichissent ainsi leur son pour faire de Time to Die une réussite. Les mois à venir nous diront si l'album tiendra autant la longueur que son prédécesseur. La chronique de cet album est à lire sur DLMDS.
Petit changement ici: je pense arrêter les chroniques (que je ne ferais plus que sur Dans le mur du son) pour faire des posts plus courts, basés sur une chanson. Plus court voudra aussi dire plus fréquents sans doute, une chanson par jour serait l'idéal. On verra combien de temps je tiendrais ce rythme. Sinon vous pouvez noter désormais chaque billet, là juste en dessous. Et voir à droite ce que j'écoute avec le widget Last.fm car le scrobbling marche à nouveau depuis que j'ai changé d'ordinateur. Et c'est bleu aussi à droite (n'y voyez aucune connotation politique, merci). Que de nouveautés!
Bon Iver, donc. En fait jusqu'il y a peu, j'étais vraiment persuadé que Rook finirait album de l'année sans problème. Et puis en le réécoutant en boucle ces dernières semaines il a un peu baissé, et puis Bon Iver est venu à Rennes pour défendre son album dans ce top 2008, et puis j'ai vraiment eu l'impression de redécouvrir For Emma, Forever Ago après le concert qui était plus électrique que ce à quoi je m'attendais. Redécouvrir cette beauté fragile, ce dépouillement dans la production, cette voix extraordinaire. Album de l'année, et de loin finalement.
You give us bread, you keep us warm What I do for you in turn I leave you with this memory stained Between the sheets, under the rain Your face is pale, your lips are red Your eyes are dark, you might be dead But I will hold you even then Until you breathe and I am fed
Jodi, my dear, I'm sorry but I must disappear I leave you with a song and a tear Just please don't wash away This is my crutch, you had me at the face and the touch But I can only give you so much Before it goes away You could be my end You could be my end
We can do this on our own
But you're still telling me What I want, what I need 'til I can't even be Here on my own
And in the dark and on the floor The bottle caps, well they just pour And you can tell I want you more Beyond the few, beyond the storm But this won't stay, yeah I confess That I am not what you have guessed I'm just a whore and nothing less And I won't stop until I rest
Roll into town with thunder on our backs, heads are proud We wander through your gates and your crowd To ponder what we'll take And though you are far, I keep you in a place in my heart And never let the beast tear apart What happened there in May You could be my end You could be my end
We can do this on our own
But you're still telling me What I want, what I need 'til I can't even be Here on my own
Ça commence comme une petite douceur acoustique, avec une guitare qui sonne comme la harpe de Joanna Newsom, partie pour une jolie chanson calme. Quand surgit brutalement une batterie agressive, terrifiante. La guitare, d'abord surprise, réagit et accélère, tentant de suivre le rythme effréné imposé par la batterie, mais elle s'épuise. Elle décide alors de hausser d'un ton puis remet un coup d'accélérateur pour défier cet intrus indésirable. Dominée sur le couplet et le refrain, elle profite du pont, où la bataille fait rage, pour se refaire. Sur le final, le vacarme est à son paroxysme, avant que la batterie ne craque, agonisant dans un dernier cri résonnant au loin. La guitare retrouve alors son calme du début et la plus belle chanson de l'année se termine en happy end!
Je parle donc ici de la chanson Jodi du groupe américain (San Francisco) The Dodos, issue de leur album sophomore Visiter. Avant tout cela, on a eu droit à une entrée en matière superbe sur Walking avec son banjo et sa guitare acoustique, morceau de folk typique qui s'enchaîne sans pause sur Red And Purple, un titre qui installe le style du groupe avec ce rythme très primitif/tribal comme chez le Feels de Animal Collective. Puis ça continue entre tube certifié (Fools, la vidéo plus bas), longs titres épiques (les montagnes russes de Joe's Waltz (et la valse sur les montagnes russes c'est pas facile!), les tourbillons de Paint The Rust, le final God? en apothéose), l'une des plus belles chansons de l'année (oui, encore) avec Ashley, le tout entrecoupé de titres courts, de 1 à 2 minutes, tous aussi intéressants. Et au bout des 14 titres, l'impression d'avoir vécu l'heure la plus courte de l'année...