PS: je reviendrais dans les jours qui viennent sur trois albums qui auraient eu toute leur place dans mon top s'ils étaient arrivé un peu plus tôt (Bombadil, Boca Chica et François & the Atlas Mountains).
Il y a des groupes qui ne nous facilitent pas la tâche, vraiment. Il y a deux ans, Bishop Allen sortait The Broken String, un album compilant le EP Project, et je me suis demandé à l'époque comment je pourrais bien en faire la chronique alors que je connaissais déjà les morceaux et que j'avais déjà parlé des mêmes morceaux dans une chronique précédente. Et aujourd'hui sort Peplum, le nouvel album de Toy Fight. Ou le premier album de Toy Fight, je ne sais pas comment on doit le considérer. Car on pensait Toy Fight mouru. Avant qu'ils ne réssucitent fin 2008, suite à l'approche de City Slang, intéressé pour qu'ils sortent un nouvel album. Album sur lequel on retrouve sept titres de Anagram Dances, réenregistrés pour l'occasion.
Retour en arrière. Année 2006, pas encore bloggeur. Une autre vie quoi. Je découvre chez Thanu un groupe français au drôle de nom de Toy Fight. Puis vient la création de ce blog fin octobre de la même année. Quelques jours plus tard, Thanu publie une interview (assez imposante!) du groupe, et je me décide enfin à commander le disque Anagram Dances, premier album autoproduit d'un groupe déjà séparé depuis plus d'un an. Dans le même temps, Bishop Allen est en plein dans son EP Project. Deuxième point commun entre les deux groupes: ils ont accompagné mes débuts. Toy Fight et Bishop Allen, c'est un peu la bande-son de ce blog. Je me souviens avoir écouté en boucle cet Anagram Dances toute la fin de l'année 2006, avant qu'il ne termine finalement dans mon top 10 de 2006. Je me suis dit à l'époque que je l'avais peut-être surestimé, trop d'écoutes, trop proche de l'échéance. Mais en fait non, en le réécoutant encore aujourd'hui, non.
Euh... où en étais-je... Ah oui, aujourd'hui, 4 mai, Peplum. La même crainte que pour The Broken String. Je connais la plupart des morceaux, et je vais donc être forcément déçu. Mais l'album de Bishop Allen a fini dans mon top 3 de l'année 2007, donc je crois que l'on peut vite écarter ces craintes. Craintes qui disparaissent totalement dès la première écoute. Dès les premières secondes de Where The Avalanches Are même, titre qui ouvrait également Anagram Dances. Ça sonne toujours aussi frais, ces guitares cristallines, cette richesse instrumentale. Rien à jeter dans les sept titres déjà présents sur l'album précédent. Côté nouveauté, trois petits interludes, une trentaine de secondes où chaque membre fondateur du groupe (David Simonetta, Maxime Chamoux et Sebastian Broca) a le droit de faire ce qu'il veut. Et six nouvelles chansons, largement à la hauteur des anciennes, et tout autant variées. La trompette de Your Own Fireworks réveille les voisins, alors que Les Indes Noires (chanson composée à l'origine pour un autre projet du groupe, également appellé Les Indes Noires), titre d'une magnifique douceur dans ses cordes comme dans ses percussions, devrait les calmer. On trouve aussi des synthés sur Trucmuche (The Punch Line), et deux versants d'une même chanson: The If Song est le côté bucolique du premier single High Noon avec ses "Whoohoo" plus qu'efficaces.
Malgré la signature sur Cityslang, Toy Fight n'a donc pas changé de formule; ils gardent leur pop artisanale bourrée d'instruments en tous genres et de petits clins d'oeil au quotidien (le "C'est bon?" au début du dernier titre The Soldier est toujours là). En ajoutant de solides nouveaux morceaux, ils peuvent même se payer le luxe de se priver des deux meilleurs titres d'Anagram Dances (à mes oreilles), Scientists Having A Good Time et Victim's Hairdo. Finalement le changement radical, c'est sans doute que cette fois-ci il y aura beaucoup plus de monde à se rendre compte du talent de ce groupe. On a en France l'un des meilleurs groupes de pop au monde! En parcourant le dernier exemplaire de Magic, arrivé à la page disque du mois, j'ai écarquillé les yeux, refermé le magazine puis je l'ai rouvert lentement, de peur que l'illusion se soit envolée... Mais non, il était toujours là. Peplum, album du mois. C'est l'ours brun qui va pas être content...
[Re-publication de ce billet supprimé par Blogger sur demande de la DMCA. Le mp3 en cause a été retiré.]
On les avait laissé pour mort après un premier album parfait de pop home-made, Anagram Dances. Quelques concerts sur Paris ces derniers mois laissaient croire à un retour possible, rumeur confirmé par le groupe via un message sur myspace annonçant non seulement que le deuxième album était prévu pour début 2009 et qu'il serait précédé d'un Ep le mois prochain, mais aussi qu'ils avaient signé sur City Slang (excellent label des non moins excellents Get Well Soon,Lambchop ou Calexico). Avec en prime un avant-goût grâce à trois titres en écoute.
Non, Toy Fight n'est pas mouru et ça s'entend, dès ce Young Own Fireworks, dans le plus pur style Toy Fight. Un ukulélé en intro, puis toujours ce piano entêtant qui lance la chanson comme on lance un bon feu d'artifice: à fond la caisse. Toy Fight vient à peine de retrouver la santé que les voisins sonnent déjà à la porte pour se plaindre. Puis arrive High Noon, qui donnera son titre au prochain Ep: merveilleux titre, merveilleuse mélodie, merveilleux choeurs (Whoo hoo hoo hoo!!!)... je ne vois pas ce que l'on peut dire de plus là. Enfin, A Drum Drum Boy, titre déjà présent sur le premier album et revisité pour l'occasion: place ici à la guitare acoustique qui donne une ambiance plus mélancolique que sur la première version, où un synthé électro venait compenser la voix assez lente et triste.
Trois morceaux, trois ambiances différentes, bienvenue dans l'univers de Toy Fight. Vivement la suite!
Et voilà, c'est fini! Si vous trouvez certains disques surévalués, n'hésitez pas à le dire dans les commentaires. J'ai aussi conscience d'avoir raté pleins d'albums géniaux, alors dîtes moi ceux qu'il faudra absolument que je découvre en 2007! Joyeux Noël à toutes et à tous, à la semaine prochaine.
lundi 4 décembre 2006
Toy Fight: Anagram Dances
Sélection album de l'année
Groupe français (mi-parisien, mi-lyonnais) autoproduit, Toy Fight s'est fait connaître par Myspace, et est actuellement le petit chouchou de pas mal de bloggeurs. Leur premier album, Anagram Dances, est constitué de chansons composées depuis 2003 par les trois membres du groupe. Leurs influences diverses (Pascal Comelade, Elliott Smith, Kings of Convenience, Kinks, Belle & Sebastian, Neutral Milk Hotel) et le fait que chacun joue de tous les instruments sur ce disque expliquent le côté très varié et peu référencé du disque. Disque qui restera unique, car ce sera, selon le groupe, le dernier de Toy Fight.
"Il est rentré ton frère?": dès l'intro du disque sur Where the avalanches are, on sent tout de suite le côté DIY, home-made, que l'on retrouve sur tout le disque, avec un son qui donne son charme à Anagram Dances. On enchaîne ensuite sur The hidden second avec une intro au piano, un instrument présent sur de nombreux titres (dont les deux instrumentaux Your headaches, my duchess et Witnesses are now confettis), puis une grosse rythmique et l'emballement final, qui fait de ce titre l'un des sommets du disque. Ensuite les chansons s'enchaînent, dans un style toujours diversifié: Minute song, petite pop-song bucolique, A drum drum boy et son intro électro puis sa guitare western ou encore Scientists having a good time, une des merveilles du disque avec une superbe guitare. Et bien sûr il y a le tube, la chanson irrésistible indispensable à tout bon album : ici c'est Victim's hairdo, avec sa petite intro au piano, puis les voix magnifiques du chanteur et de Pauline qui s'enchevêtre sur le refrain.
Toy Fight, ce sont donc des chansons qui partent dans une direction, et finissent par arriver totalement ailleurs, des titres très originaux, rafraîchissants. Dommage que ce soit l'unique album du groupe, même si on peut se consoler avec les divers projets des membres de Toy Fight, tels que les groupes (Please) Don't Blame Mexico et The Limes.